Matin d’exil

2007 - A ni foli

"Dans Matin d’Exil, tu racontes les différents moments qui jalonnent la vie de l’émigré, à cheval entre deux continents. Est ce que cela ne reflète pas aussi ta position, toujours entre l’Afrique et la France ?
C’est exactement ça. Depuis des années, je connais des Maliens, des Sénégalais qui vivent à Amiens et dont je connais les familles à Bamako, dans les villages etc…Et donc à chaque fois que je pars c’est avec des paquets pour les soeurs, les parents, les oncles etc. A chaque fois, je passe du HLM de la famille pour qui soi disant tout va bien, à la cour de Bamako, où l’argent manque mais où tout le monde vit ensemble. L’album éclaire, j’espère, les réalités des deux côtés, et s’adresse autant aux Français qu’aux Maliens. Sur scène, on fera vivre l’histoire certainement plus intensément. Car sur scène, on peut introduire, raconter…

Dans cet album, on passe de la musique mandingue à l’afro-beat…
Ce sont toutes nos influences. Souvent, j’arrive en studio avec une base mélodique et des paroles mais on crée ensemble la rythmique. Personnellement, j’ai la culture de la musique du Mali, mais aussi la culture reggae ou hip hop. Ben Gbeuly (basse, guitare) maîtrise les rythmes de Côte d’Ivoire, Tidiane a appris la kora dans la pure tradition, Jérome Drû emmène sa flûte sur des terrains musicaux très différents, l’afro beat ou le jazz…Donc l’album est un condensé de tout cela. Mais on pourrait passer sa vie à faire des albums en s’inspirant des rythmes d’une région du Mali, c’est tellement énorme !"